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Dossiers politiques

L’initiative « Pas de Suisse à 10 millions » promet le chaos

Les milieux économiques s’engagent activement contre l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions » soumise au peuple le 14 juin prochain. Pourquoi ?

Trois raisons principales nous incitent à dire clairement NON à ce texte.

D’abord, l’initiative prévoit que lorsque la population suisse aura atteint 9,5 millions d’habitants, des mesures devront être prises pour freiner l’immigration. A partir de 10 millions, il s’agira de prendre des dispositions encore plus drastiques. Fixer un tel plafond de manière arbitraire revient à priver notre pays de la possibilité d’attirer des compétences et de la main d’œuvre étrangère pour assurer le développement futur de nos entreprises. Sachant qu’aujourd’hui, le départ en retraite des baby-boomers entraînera déjà une importante pénurie de main d’œuvre -plus de 400'000 postes pourraient ne pas être repourvus d’ici dix ans – l’initiative aggraverait considérablement ce phénomène et fragiliserait des pans entiers de notre économie, comme les soins, la restauration, ou encore l’industrie.

Ensuite, cette initiative doit être appréhendée dans le contexte actuel du vieillissement de la population. Les gens viennent de plus en plus âgés et les couples font de moins en moins d’enfants, à peine 1,29 enfant par femme en Suisse en 2024, soit trop peu pour assurer un renouvellement des générations. Dans le Jura, ce phénomène est encore accentué par le fait que de nombreux jeunes ne reviennent plus dans le canton après leurs études. Un chiffre fait réfléchir : en 1999, le Jura a compté 828 naissances ; en 2024, 579, soit 30% de moins en 25 ans ! La seule façon de rééquilibrer quelque peu notre pyramide des âges passe par l’immigration de forces vives susceptibles de compléter la main d’œuvre présente dans la région. Nos entreprises, qui connaissent une forte dynamique, en ont impérativement besoin.

Enfin, une acceptation de cette initiative entraînerait la résiliation de l’accord de libre-circulation des personnes avec l’Union européenne (UE), puisqu’elle est incompatible avec un accès libre au territoire suisse pour les travailleurs étrangers. Comme cet accord est soumis à la clause guillotine, l’ensemble des accords bilatéraux devraient être dénoncés, avec de graves conséquences notamment pour l’accès au marché européen pour nos entreprises. Il en va ici de la prospérité future de la Suisse, l’UE étant notre principal partenaire commercial. En matière de sécurité, la Suisse devrait également renoncer aux accords Schengen/Dublin, ce qui nuirait grandement à sa sécurité.

Vous trouvez dans le document ci-joint un résumé des principaux arguments qui plaident pour le rejet de cette initiative. Les sondages, aujourd’hui, donnent les partisans et les opposants au coude-à-coude, raison pour laquelle il est important que nos membres se mobilisent. Nous les remercions d’ores et déjà de leur précieux soutien.