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3 questions à

Stéphane Theurillat, ministre jurassien de l’Economie et de la Santé

Dans un contexte marqué par des incertitudes économiques, géopolitiques et commerciales, vous avez visité récemment plusieurs Salon importants comme le SIAMS et l’EPHJ. Comment qualifieriez-vous aujourd’hui l’état d’esprit des entreprises jurassiennes : prudence, résistance, transformation — ou un peu des trois ?

Je vous le confirme, un peu des trois, mais le premier terme est sans doute « transformation ». J’ai été très impressionné par le nombre de nouveautés présentées par les entreprises jurassiennes cette année lors des salons. Cela me fait dire que la plupart des entreprises partagent mon idée que l’innovation reste un moyen essentiel pour relancer et diversifier son activité après une période difficile. La nouveauté est également bonne pour le moral. J’ai vu beaucoup d’entrepreneurs être fiers de les présenter et arborer un large sourire. Je vous avoue que cela fait du bien. La résistance caractérise aussi ce que j’ai pu constater. Malgré les circonstances défavorables, nos entreprises sont toujours là et les dégâts attendus sur l’emploi ont été très modérés. Enfin, malgré ces signaux positifs, la prudence reste de mise. La reprise des affaires n’est pas encore une réalité partout et bien sûr on craint toujours les surprises sur le plan international.

 

Le Jura dispose d’un tissu industriel reconnu et d’un fort ancrage entrepreneurial. Quels sont, selon vous, les leviers prioritaires que l’Etat pourrait activer pour renforcer ses conditions-cadres et son attractivité dans les années à venir ?

L’Etat doit jouer un rôle de facilitateur pour les entreprises. Pour revenir à l’innovation, nous devons la soutenir au maximum. Nous avons des outils pour cela, que cela soit à la promotion économique ou avec nos partenaires, le parc suisse de l’innovation, l’EPFL, le CSEM ou la HE-Arc. Je pense que ces outils ne sont pas encore suffisamment utilisés. Par ailleurs, et je sais que c’est un sujet récurrent pour les entreprises, nos devons nous attacher à ne pas augmenter les charges administratives et même si possible à les diminuer. Les nouveaux outils technologiques doivent nous y aider. Et puis, je suis de ceux qui pensent que ce tissu industriel d’exception n’est pas assez connu en Suisse et à l’étranger. Nous avons toujours du mal à dire que nous sommes les meilleurs du monde dans notre domaine. Une modestie toute jurassienne. L’état doit aussi mettre en valeur de manière plus affirmée ce savoir-faire. L’événement qui s’est déroulé récemment à Paris va dans ce sens et confirme qu’on ne nous connait pas encore assez.

 

Avec l’entrée de Moutier dans le canton et l’ouverture d’une nouvelle législature, le Jura traverse une séquence politique particulièrement intéressante. Comment faire de cette période de renouveau un moteur pour le développement économique cantonal ?

La nouvelle législature est effectivement l’occasion pour le Gouvernement de définir ses priorités. Elles seront dévoilées à l’automne, mais il est clair qu’elles tourneront autour de la notion d’attractivité y compris dans le domaine économique. Nous avons, je crois, de réelles perspectives de développements à court terme, car nos atouts sont aujourd’hui très forts, notamment en matière de disponibilités foncières, mais aussi de qualité de vie, de logement et de cadre général pour développer une activité. Nous sommes plus régulièrement sollicités que par le passé par des entreprises externes et j’ai bon espoir que certains de ces contacts aboutissent. Il faut toutefois ne pas oublier celles et ceux qui sont déjà là et qui font la richesse de notre canton. Je suis convaincu que le Gouvernement a la cohésion et l’ambition nécessaires pour profiter de cette séquence qui me semble extrêmement prometteuse.

 

Merci M. Theurillat d’avoir répondu à nos questions

 

Stéphane Theurillat, ministre jurssien de l'Economie et de la Santé