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OUI à Frontex et au maintien de la Suisse au sein de l’espace Schengen

Le peuple suisse se prononcera le 15 mai sur le renforcement de Frontex. L’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes a été créée pour protéger l’espace Schengen et aider les autorités nationales à surveiller les frontières extérieures. Frontex permet notamment aux forces de police de collaborer étroitement et de lutter ainsi plus efficacement contre la criminalité transfrontalière, une réalité malheureusement bien connue des entreprises de notre région.

Or, face à d’importants mouvements de réfugiés et à l’augmentation de la criminalité ces dernières années, les moyens à disposition de Frontex doivent être renforcés. En tant que membre de l’espace Schengen, la Suisse est tenue de participer à ce développement, sans quoi l’accord d’association cesserait de s’appliquer après six mois, à moins d’une unanimité des vingt-six Etats membres et de la Commission européenne dans ce délai. Avec ce qui se passe actuellement en Ukraine, on peut imaginer que l’Europe a bien d’autres chats à fouetter en ce moment… La Suisse devrait alors rétablir une défense autonome de ses frontières et faire cavalier seul dans le domaine absolument stratégique de la sécurité. Un tel isolement coûterait très cher pour une efficacité moindre et serait d’ailleurs impossible à assumer à court terme, puisqu’il faudrait d’abord reconstruire des douanes et former du personnel qui aujourd’hui n’existe pas.

Le référendum contre l’adoption du nouveau règlement sur Frontex bénéficie du soutien d’une alliance contre nature formée des habituels anti-européens et d’organisations qui reprochent à l’Europe de se barricader de manière inhumaine face aux afflux d’immigrants. Sans vouloir idéaliser Frontex, dont la mission est extrêmement complexe, force est toutefois de constater aujourd’hui que les mécanismes mis en place n’empêchent pas d’accueillir avec humanité les millions de réfugiés ukrainiens qui fuient la guerre et se pressent aux frontières de l’espace Schengen… C’est donc que ces mécanismes fonctionnent plutôt bien.

En réalité, la population suisse et les entreprises bénéficient de nombreux avantages de notre association à Schengen-Dublin, car cet accord facilite les déplacements et voyages au sein du continent européen. Il assure aussi aux détenteurs d’un visa Schengen de pouvoir se rendre en Suisse sans formalité supplémentaire, ce qui s’avère très utile pour le tourisme mais aussi, par exemple, pour la participation de chercheurs étrangers à des congrès dans notre pays. Dans le domaine de l’asile, l’accord de Dublin évite à la Suisse de devoir entrer en matière sur des dossiers déjà traités par un autre Etat membre, ce qui simplifie considérablement les procédures.

Enfin un dernier point de nature politique sous-tend également cette importante votation du 15 mai. A la suite de l’abandon de l’accord-cadre avec l’Union européenne, la Suisse se voit progressivement marginalisée dans de nombreux domaines comme l’accès au marché, la formation, les programmes européens d’innovation, l’approvisionnement électrique… Il est temps aujourd’hui de donner des signaux positifs à nos partenaires européens en n’ajoutant pas une sortie de l’espace Schengen-Dublin à des relations déjà passablement chahutées.   

Ces différentes raisons nous conduisent à recommander de voter OUI à Frontex le 15 mai prochain.